Bouclant la maison de leur victime sur un rayon de 200 mètres, les braqueurs ont tout d'abord demandé à cette famille de leur donner l'intégralité de la somme représentant la dot qu'à versé le gendre de cette famille qui se trouve être Désiré Nzanga Kolingba. Seulement, ils n'ont pu avoir qu'une somme estimée à 60.000 Fcfa plus deux portables appartenant à la famille de M. Gassiro-Zakou. Mais dans la journée du 08 Juin 2008, certaines informations ont filtré et on en sait un peu davantage sur cette opération spectaculaire.
Coup de filet des militaires braqueurs
D'abord, c'est établi que cette opération n'était pas l'œuvre de simples braqueurs comme nous l'avions souligné dans notre parution du mercredi 09 Juillet en cours. C'est donc une opération planifiée par certains militaires centrafricains qui, à bord d'un BJ 75 de l'Armée Nationale, ont pu mettre à exécution leur plan machiavélique. Selon certains témoins, il était environ une heure du matin lorsque le BJ 75 s'est arrêté sur la rue qui mène à l'antenne OCRB de Ngouciment. De là, ils se sont dirigés vers une fille du quartier qui serait en quelque sorte leur pisteur dans le quartier. Les témoins soutiennent aussi qu'il y a un militaire du quartier Bazanga qui serait lui aussi de mèche avec ces compagnons d'arme qui étaient venus opérer en cette nuit dans son secteur. C'est ce qui leur a permis d'avoir une certaine maîtrise du quartier et de boucler les maisons des autres militaires qui habitent dans le coin. La thèse d'une complicité interne se confirme donc.
Ensuite, selon une autre version, c'est que les militaires braqueurs avaient un double objectif. Récupérer d'abord l'argent de la dot puis s'emparer ensuite d'une importante somme d'argent qui appartiendrait, selon toute vraisemblance, à l'Eglise de Ngouciment. Ce qui confirme encore, si besoin en était, que les auteurs intellectuels de ce braquage sont, soit au sein de la famille de M. Gassiro-Zakou, soit dans le quartier Bazanga et environs, soit au sein de l'Eglise de Ngouciment elle-même. Cette dernière version paraît plus plausible dans la mesure où, on ne peut concevoir que des militaires braqueurs, disons le ainsi, qui viennent de loin puissent sans ambages avoir une certaine précision sur un certain nombre de choses qui se passent au sein d'une famille située en plein milieu d'un quartier.
Enfin, selon certaines sources, ces militaires braqueurs, disons-le avec force, ont listé d'autres citoyens dudit quartier à qui ils devaient probablement rendre visite dans les jours, et les semaines à venir. C'est dire que les populations du quartier Bazanga ne sont pas encore sorties de l'auberge et des mesures concrètes doivent être prises par les autorités compétentes pour assurer la sécurité de ces citoyens dont la quiétude est ainsi mise à rude épreuve.
Toutefois, la leçon apprise de cette opération des militaires braqueurs, c'est que certains égarés de l'Armée nationale, profitant de l'obscurité qui sévit dans Bangui, s'impliquent à fond dans les braquages à mains armées. Ce qui accroît l'insécurité dans la capitale centrafricaine. Normal que le peuple puisse être pris en otage par ceux-là qui devaient absolument garantir sa sécurité. Ces égarés de l'Armée nationale, dont les critères de recrutement n'obéissent à aucune règle, sont, à n'en point douter, les facteurs virtuels de cette insécurité endémique qui a trouvé place au cœur de la capitale centrafricaine. A qui donc le prochain tour ?