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PATASSE AU SECOURS DE JEAN-PIERRE BEMBA

Ange Félix Patassé, ancien président de la République Centrafricaine, très loquace depuis le déclenchement de l’affaire Procureur de la PCI/Jean Pierre Bemba Gombo, sent que l’étau se resserre autour de son allié et protégé d’hier.



PATASSE AU SECOURS DE JEAN-PIERRE BEMBA
La date fatidique du procès de Jean Pierre Bemba se rapproche, car le mois d’Avril 2010 n’est plus loin. Depuis l’arrestation du Chef du Mouvement de Libération du Congo le 24 Mai 2009, Ange Félix Patassé a toujours clamé son innocence, prétextant qu’il se présenterait au procès en tant qu’accusateur et non en tant qu’accusé. les choses semblent avoir bien changé aujourd’hui, car l’accusateur en cas de mandat d’arrêt du Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, risque de comparaître comme accusé aux côtés de Bemba-Gombo, que Patassé avait invité à mater les populations civiles centrafricaines, qu’il accusait d’être complices des rebelles dirigés à l’époque par le général François Bozizé. Ange Félix Patassé, qui n’avait jamais compati avec les victimes des événements du 25 octobre 2002 au 15 Mars 2003 (bien au contraire il s’en réjouissait), avait subitement retourné la veste à son retour au bercail et promettait de recevoir les victimes des événements les plus atroces que la République Centrafricaine ait jamais vécus.

Patassé attise le feu
Ange Félix Patassé, qui se disait accusateur, ne pouvait rien craindre dans un procès de Jean-Pierre Bemba, qui aurait atterri en Centrafrique comme les langues de feu de l’Esprit Saint lors de la Pentecôte, se ravise désormais. ces conseillers juridiques lui ont fait certainement percevoir du doigt le danger qu’il court en minimisant le danger qui le guette. Dans l’euphorie des déclarations qu’il multiplie ces dernières semaines, Patassé vole au secours de Jean Pierre Bemba, en demandant sa mise en liberté par la Cour Pénale Internationale. Quelle chance a-t-il d’être écouté par le Parquet de la CPI ? Sans le savoir, il attise le feu et veut susciter au plus vite la réaction de M. Luis Moreno-Ocampo et surtout des Avocats de Jean-Pierre Bemba, qu’il avait traité de tous les noms d’oiseau et qui ne supportent pas de le voir en liberté couler des jours tranquilles, alors que Jean-Pierre Bemba leur client, qui n’était qu’un mandataire croupit en prison à la Haye (Pays –Bas). Patassé est-il vraiment sérieux en demandant la liberté provisoire pour Jean –Pierre Bemba ou c’est pour lui une façon de narguer la justice internationale que beaucoup considèrent maintenant à deux vitesses. L’exemple le plus patent est celui de Jean-Pierre Bemba, Chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC) arrêté depuis le 24 Mai 2009 pour les crimes internationaux commis par ses banyamulenge alors que le commanditaire et mandant, Ange-Félix Patassé, au Togo? en Libye et en Centrafrique semble bénéficier de l’impunité la plus totale.

Toute immunité pénale exclue
Conformément aux dispositions du Statut de Rome, ratifié par la République Centrafricaine en 2002, Ange-Félix Patassé à l’époque, Chef Suprême des Armées, était également le supérieur hiérarchique des forces armées sous son contrôle, tant les forces régulières que les mercenaires de Jean-Pierre Bemba venus par sa volonté combattre à ses côtés. Ainsi au regard du droit pénal international, la responsabilité d’Ange Félix Patassé est aussi engagée en tant que supérieur hiérarchiques pour les crimes internationaux, commis par les hommes de Miskine, de Barill et de Jean-Pierre Bemba. Dans cette situation, tout le monde croyait que l’ancien président Ange Félix Patassé aurait fait preuve de retenue car selon l’article 28 de la CPI, le Chef de l’Etat à l’époque des faits reprochés à Jean Pierre Bemba est tenu pénalement et individuellement responsable au regard des dispositions de l’article 28 du Statut de la Cour Pénale Internationale. Il ne peut arguer d’une quelconque immunité à l’époque des faits, puisque l’Article 27 de la CPI précise que les immunités ou règles de procédure spéciales qui peuvent s’attacher à la qualité officielle d’une personne, en vertu du droit interne ou du droit international, n’empêchent pas la Cour d’exercer sa compétence à l’égard de cette personne. Cet article du Statut de Rome est suffisamment explicite. Il exclut toute immunité pénale au Chef de l’Etat (qu’il était) pour sa responsabilité du fait des crimes de guerre perpétrés par ses subordonnés militaires. Patassé, à l’aise, demande la mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo. Et si la Cour Pénale Internationale devait être à la hauteur de son mandat comme lui a demandé la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) en conclusion de rapport de la Mission Internationale d’Enquête de 2006, quel sort serait réservé à l’ancien homme fort de Bangui ?


Samedi 6 Février 2010
Dinawade Mokambo Junior
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