Du coup des employés de la Société centrafricaine des Télécommunications ont eu l'impression d'avoir été roulés dans la farine par des paroles mielleuses et des promesses sans lendemains.
Le 1er juillet dernier, les syndicats de l'entreprise d'Etat des Télécommunications avaient adressé au Premier Ministre une prolongation d'un préavis de grève, qui arrive à terme le 15 juillet 2008. L'échéance approche et le personnel de la Socatel, qui avait nourri beaucoup d'espoir à la suite des promesses de M. Faustin Archange Touadera, n'entrevoit toujours pas le bout du tunnel.
La situation frise la catastrophe
Plus que quelques jours et en plus des pannes de l'Enerca qui plonge toute la capitale dans l'obscurité, le pays risque d'être sevré de communication, même avec l'extérieur « La Maison mère » en arrêt, les sociétés de téléphone mobile risquent elles aussi de prendre un coup. Mais cette situation ne semble nullement émouvoir le gouvernement qui a d'autres chats à fouetter. Malgré certaines interventions énergétiques, tant au niveau des autorités que de certains proches mêmes du chef de l'Etat, la convention qui doit tirer la Socatel de l'abime, bien que ficelée et prête comme l'avait annoncé M. Louis Salvador du Syndicat Chrétien de la Socatel, n'est toujours pas signée et la situation frise la catastrophe. Et c'est là où on se demande si les princes qui nous gouvernent ont l'honneur de la parole donnée. Le Premier ministre, Chef du gouvernement, lors de l'audience qu'il avait accordée le vendredi 4 juillet 2008 aux responsables syndicaux de la Socatel, avait fermement promis qu'il mettrait tout en œuvre pour que la Convention avec la banque gabonaise doit signée en vue du redressement de la Société de Télécommunication pour la mise en œuvre urgente du projet ZTE. M. Faustin Archange Touadera avait même soutenu, séance tenante, qu'il ne se déjugerait pas.
Le gouvernement veut jouer au pourrissement
Qui est devenue cette fermeté ? Malgré les assurances et promesses fermes, le Premier ministre, sans régler le dossier de la Socatel, quitte Bangui ce jour pour une mission à l'extérieur dont la durée n'a pas été déterminée. Cette absence du Chef du gouvernement risque de rallonger le délai de résolution du problème de la Socatel dont les missions en charge du dossier connaissent parfaitement les tenants et les aboutissants. Le gouvernement veut-il jouer aux prolongations pour aller au pourrissement d'une situation aux conséquences imprévisibles ? Pourquoi les autorités préfèrent régler les problèmes lorsque des partenaires sociaux désabusés brandissement les muscles? Le ciel s'assombrit déjà, car les syndicats nationaux ont tiré la sonnette d'alarme par rapport aux coupures intempestives d'électricité, lourdes de conséquences sociales et qui peuvent menacer les carrières de certains travailleurs, puisque les entreprises et les industries tournent dorénavant au ralenti. Si le problème de la Socatel vient alimenter une grogne sociale en gestation, le paysage risque à nouveau de connaître des rebondissements inattendus.
Au niveau de la Socatel, le personnel campe sur sa position et déclare qu'il ne fléchit pas. Il est décidé à faire entendre sa voix, sur un problème qui aurait pu être réglé sans trop de remous.