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La Fondation panafrican Union présentera lors du prochain dialogue politique inclusif un document de 27 pages sur l'enlèvement et la déportation du Président Bathélemy Boganda


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LE DIALOGUE INCLUSIF, LES PROTAGONISTES SONT-ILS PRETS ?



Les centrafricains sont unanimes pour dire qu'ils désirent aller au dialogue inclusif.
Mais les différents acteurs de la vie sociopolitique et des groupes militaro-politiques du pays s'entendent-ils sur la meilleure voie d'y parvenir ?

L'initiative du dialogue inclusif est louable et répond à une attente réelle des populations centrafricaines. Mais, quelles sont les chances de parvenir à cette paix tant attendue ?
A chacun sa conception de la voie de la paix

Ce processus qui a pour mission de conduire le pays à la paix devrait mettre en scène les principaux protagonistes : Le pouvoir, les partis politiques, les oppositions armées, la société civile qui ne souhaite pas être les oubliés de la partie et surtout les laissés-pour-compte de toutes les régions du pays désireux de goûter réellement à la paix.

Une telle démarche devrait conduire les uns et les autres à faire des concessions, à concilier les points de vue. D'où la nécessité d'une connaissance des intérêts réels en jeu et des attentes des uns et des autres par rapport à un tel processus.

Or, on se rend compte qu'au fil de la mise en chantier de ce processus plusieurs tentatives rendent les choses plus complexes.

Mais le cœur du problème centrafricain concerne le pouvoir politique, son partage, ses privilèges et sa conservation.

La situation à l'heure actuelle se complique à cause de sa dimension militaire dans certaines régions de notre pays.

Ce semblant de sérénité affiché par le pouvoir en place n'est qu'une trompe l'œil car cette permanence d'insécurité est une gangrène.

Il est évident que le pouvoir ne prendra jamais part à un processus dans lequel il va perdre ses parcelles de pouvoir et dans lequel il se sentira mis sur le même pied d'égalité que les autres acteurs. Pour lui, le seul moyen de parvenir à la paix est une réponse favorable à « sa politique de la main tendue », autrement dit le ralliement.

Devrions-nous penser que certains politico-militaires ne rêvent qu'au départ du Président Bozizé et sont défavorables en la tenue de ce dialogue inclusif qui, pour eux, pérenniserait le pouvoir en place? Ceux-ci pourraient, à la limite, accepter de partager le pouvoir, à la condition que cela garantisse leurs intérêts et d'éventuels déboires de tous genres.

Les partis politiques, conscients peut-être de leur incurie, s'accorderaient donc de la quasi-absence d'une possibilité d'accession au pouvoir par les urnes sont d'accord, sans le dire tout haut naturellement, avec les politico-militaires.

Les partis politiques ne verraient donc pas d'un mauvais œil la solution des armes tout en espérant ne pas se retrouver hors jeu le moment venu.

L'opposition dite démocratique me paraît chancelante et pour cause
Le pouvoir, lui, n'est nullement inquiété par cette opposition qui, de toutes les manières, ne l'empêchera pas de conduire comme il l'entend sa démocratisation et au sein de laquelle il peut, en cas de besoin, débaucher l'un ou l'autre qui pourrait l'accompagner aux élections ou jouer son avocat contre ses amis opposants d'hier.

L'opposition politique n'a pas confiance au pouvoir tandis que le peuple adopte la même attitude vis-à-vis de cette opposition, surtout à cause de ses alliances et ruptures avec le pouvoir, véritables sorties qui ressemblent à celles de mon sportif de talent qu'est « MAGIC Johnson».

Devrions-nous aussi penser que pour les partenaires extérieurs de la RCA que le pouvoir en place jusqu'à preuve de contraire passe pour le moindre mal et qu'il est preuve de stabilité dans une sous région en proie à divers conflits.

C'est dans cette atmosphère que la communauté internationale prend cet engagement de jouer les intermédiaires et d'emmener les uns et les autres autour de ce dialogue pour faire la paix.

Les organisations internationales et sous régionales interpellées
C'est conscient des difficultés que le pouvoir et les autres protagonistes ont entrepris des démarches en vue d'une implication de celles-ci dont la caution est nécessaire dans le processus.

Même si aux yeux de l'opinion internationale les crises internes sont un frein à ce dialogue inclusif, il est important de dire qu'une des racines de l'insécurité endémique dans cette région est la circulation des armes de guerres au sein de différents Etats.

La RCA n'est pas le seul pays au monde à être passé par cet épisode de troubles répétés. Beaucoup de pays avant et après l'ont connu mais ils sont aujourd'hui parvenus à la paix véritable grâce certes à la volonté des filles et fils du pays, mais également par le poids de la médiation internationale qui doit conduire les protagonistes à faire des concessions et à respecter leurs engagements.

En définitive
On ne devrait pas baisser les bras si les principaux acteurs ne sont pas prêts pour faire la paix.
Les initiateurs épris de paix doivent désormais refuser de se laisser embrigader pour des motifs et des intérêts égoïstes qui tirent profit de la division. Mais y parvenir est une œuvre de longue haleine; cela suppose un changement de comportement, une acceptation de l'autre, la reconnaissance que l'unique voie de règlement de nos litiges devra être la justice soi-même.

Chacun devrait être convaincu que l'usage des armes accroît la haine et la division sans donner la paix et la quiétude au vainqueur du moment.

Nous devons également être convaincus que nous sommes, d'une manière ou d'une autre, responsables de cette situation que nous vivons par notre contribution active ou notre attitude passive.
Car, comme le dirait l'autre, qui peut et n'empêche, pèche.

Lundi 07 Juillet 2008
Colonel Gaston Gambor Ancien Ministre
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