A Bangui déjà, les services publics connaissent des problèmes. Ils ont été paralysés en début d'année (Janvier Février 2008) par la grogne des travailleurs qui avaient duré deux mois. Ces mêmes services viennent de connaître un léger blocage par la crise d'électricité qui avait plongé depuis trois semaines toute la capitale dans les ténèbres. Les dossiers s'amoncelaient devant des secrétaires impuissants faute d'énergie. Les responsables dont les services ne disposaient pas de groupe électrogènes s'arrachaient les cheveux devant les urgences administratives. La situation des hôpitaux devenus sont devenus des mouroirs. Et des entreprises privées a été suffisamment dépeinte pour relever l'importance des sources d'énergie pour l'économie du pays. Avec la mise en service de Boali II, la situation semble s'améliorer peu à peu dans la capitale, à la joie mitigée des Banguissois.
Les intérims s'éternisent
Alors que la situation connaît une légère amélioration dans la capitale Bangui, la gestion dans nos administrations provinciales continue de susciter des interrogations. Ces interrogations sont motivées par les nombreux intérims constatés dans les administrations provinciales et qui ont l'air de s'éterniser. Alors que les échéances de 2010 approchent à pas de géant, les élections municipales prévues par la constitution du 27 Décembre 2004, tardent à venir. En principe, d'après les dispositions constitutionnelles, toutes les institutions devient être mises en place dans un délai d'un an.
Fin 2005. Normalement, les grandes lignes de la Constitution du 27 décembre 2004, devraient être effectives et opérationnelles. Or pour le cas des collectivités, le Gouvernement poursuit sa logique de délégations spéciales dont les responsables sont nommées par décret. Dans la mesure où le pays n'est pas en période exceptionnelle, cette pratique aurait dû soulever un lever de bouclier de la part des juridictions chargées de la constitutionalité des lois et règlements. Malheureusement on s'accommode aux délégations spéciales et malgré la Constitution, tout le monde trouve cela normal. Les membres de ces délégations sont faits et défaits par Décret au grand dam des juristes dont regorge pourtant la République Centrafricaine.
La suspicion s'installe
Une des questions fondamentales, qui constitue une épine dans le pied du gouvernement est la désignation des préfets, sous-préfets, secrétaires généraux des préfectures, secrétaires des sous-préfectures et secrétaires généraux des maires. Certaines localités sont restées sans responsables depuis belle lurette soit par suite de mutations, de nominations de départ la retraite ou de décès. L'exemple le plus patent et qui crève les yeux est celui de la préfecture de la Mambéré Kadeï. Depuis que le préfet M. Elie Ouéfio a été nommé, directeur de cabinet au Ministère de l'Intérieur, le poste est resté jusqu'à lors vacant. Tout se passe comme si le gouvernement n'a pas trouvé de cadres valables pour pourvoir au remplacement de l'ancien préfet. Les mauvaises langues tant à Bangui qu'à Berberati commencent même à murmurer que les autorités n'ont encore pas trouvé de ‘‘parent'' capable d'occuper ce poste qui, aux yeux de beaucoup, serait stratégique compte tenu de son poids dans l'économie nationale. Les administrateurs portant ne manquent pas, qui jonchent les couloirs du ministère de l'Intérieur en charge de l'Administration territoriale.
L'État manque de mainmise sur certaines régions
Plus inquiétantes sont les vacances de postes dans les préfectures, les sous-préfectures, les mairies et les postes de secrétaires généraux ou secrétaires de ces localités. A chaque déplacement d'un membre du gouvernement en province, le sujet dans les discours de bienvenue ne manque pas de revenir. Depuis la vague des départs à la retraite de 2005, 2006, 2007 nombreux sont les postes qui sont restés vacants. Certains sous-préfets ont dû expédier les affaires courantes pendant de longs avant de se rendre à l'évidence que leurs salaires n'étaient plus versés depuis la notification de leur départ à la retraite. Parfois, les notifications de cessation de service ne sont même pas faites. Ce qui donne l'impression aux responsables concernés par la retraite qu'ils sont en fonctions. Le vide à la tête des sous-préfectures a été aussi causé par de nombreux décès. Les intérims sont assurés par les secrétaires des sous-préfectures, qui parfois ne sont pas en poste. Devinez alors la chienlit causée par une telle situation pour les administrés. Faute de responsables à la tête des localités, l'Etat se meurt à ce niveau et on a l'impression que l'Etat n'a pas la mainmise sur toutes ces régions.
Un mouvement rejeté et entré en laboratoire
Interpellé à ce sujet au niveau de l'Assemblée Nationale, le ministre de l'Intérieur, qui ne pouvait tolérer une telle situation, a répondu de manière péremptoire aux élus du peuple, qu'il a procédé à un mouvement des responsables provinciaux, qui est toujours resté lettre morte.
D'aucuns pensent que le gouvernement a bloqué ce mouvement à dessein pour préparer les échéances de 2010.
Le texte proposé par le ministre de l'Intérieur lui aurait échappé et serait entré en laboratoire pour n'assurer que la promotion des adeptes KNK, purs et durs. Encore le clientélisme en perspective au lieu de s'appuyer sur de véritables administrateurs, qui par leurs initiatives auraient pu nous ressusciter nos provinces. Avec ce qui se profile à l'horizon, la RCA mérite bien ses clichés de pays de dilemme et de paradoxe. En attendant, c'est le gouvernement qui fait l'objet de vives critiques car dans certaines zones d'un pays uni comme la RCA, il n'y a pas d'Etat, faute d'administration.