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Le Confident

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AFFAIRE C. MASSI : LE SILENCE PREOCCUPANT DES ONG DES DROITS DE L’HOMME

« La rébellion est condamnable », déclarait feu Me Goungaye Wanfiyo lors du procès de Mamadou Raïkina et ses 14 co-accusés devant la Cour criminelle de Bangui pour une soi-disant infraction d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.



C’est dire donc que toute rébellion, quelle qu’elle soit, doit être condamnée avec la dernière rigueur étant entendu que les actes de déstabilisation, d’où qu’ils viennent, doivent être condamnés par tout compatriote soucieux de la paix et du développement de notre pays.

C’est dans cet ordre d’idée que les Ong de défense et de promotion des droits de l’homme – la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme de feu Me Goungaye en tête s’étaient élevées pour dénoncer cette tentative des autorités politiques de déporter les accusés acquittés à l’issue du procès suscité. De concert avec les avocats, les organisations de défense et de promotion des droits de l’homme avaient exigé leur libération inconditionnelle et immédiate car, on ne joue pas avec la liberté des gens. De même pourrait-on dire qu’on ne joue pas avec la vie d’un individu, surtout dans un Etat de droit.
Fort de cette réalité et si l’on s’en tient aux informations recueillies ça et là à propos de «l’assassinat » de Charles Massi, leader de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), qui aurait été livré aux autorités centrafricaines par les autorités tchadiennes, l’on peut se poser la question de savoir s’il était opportun pour le pouvoir de procéder à son « assassinat » comme soutenu par son épouse, Denise Massi, rapatriée ‘‘manu militari’’ du Centrafrique par les autorités compétentes. Charles Massi, livré à l’homme fort de Bangui, était-il vraiment un danger pour les institutions républicaines aux fins de pousser celui-ci à faire usage de cette manière forte aujourd’hui décriée?

Le plaquage des Ong de défense des droits de l’homme
Autant de questions qui demeurent sans réponse et pour lesquelles l’opinion publique nationale et internationale aimerait avoir des éclaircissements de la part des autorités politiques centrafricaines.
Car, s’il est évident que Charles Massi est un chef rebelle, il n’en demeure pas moins vrai que la manière utilisée pour le faire taire à jamais est indigne d’un Etat comme le nôtre dont les tenants clament sur tous les toits qu’ils sont des démocrates respectueux des droits élémentaires de la personne humaine. A plus forte raison que l’actuel Chef de l’Etat, François Bozizé, avait placé son actuel mandat sous le signe du respect des droits de l’homme.

Après tout, qui n’est pas rebelle dans ce pays ? Et qui est bien placé pour faire une leçon de démocratie à qui dans ce pays ?

Des droits de l’homme, parlons-en puisque depuis la mort de l’infatigable défenseur des droits de l’homme que nous pleurerons à jamais, disparition tragique et qui reste d’ailleurs à élucider, Me Goungaye Wanfiyo, l’impression qui se dégage est celle selon laquelle il est parti et avec lui toute la dynamique de défense et de promotion des droits de l’homme.

Où sont-ils les défenseurs des droits de l’homme qui étaient les plus proches collaborateurs de Me Goungaye ? Sont-ils réduits au silence éternel par cette volonté militariste du pouvoir de Bangui dont l’homme fort ci-devant François Bozizé annonce avec fracas dans son message à la nation à l’orée du nouvel an, le dépeçage un par un des opposants à son régime?

C’est le moment où jamais on sait qui est qui dans ce pays et qui est bien placé pour parler et défendre valablement les droits de l’homme dans ce pays. Même ceux qui n’avaient pas une bonne connaissance des Ong de défense des droits de l’homme en Centrafrique savent au moins qui était feu Me Goungaye Wanfiyo.

Mme Denise Massi ne baisse pas les bras
Selon nos enquêtes, Mme Denise Massi, après avoir invité le président français, Nicolas Sarkozy a tout mettre en œuvre pour clarifier la situation de son mari, multiplie les démarches et les initiatives pour amener les autorités de Bangui à prouver que le leader de la CPJP n’a pas été assassiné.
Entre autres initiatives, il y a une plainte qu’elle a adressé auprès du Tribunal de Paris, des requêtes aux organisations non gouvernementale internationale de défense des droits de l’homme et elle envisage de saisir les Chefs d’Etat de la CEMAC sur le sort de son mari.

La vérité sur la disparition de Charles MASSI ou encore mieux sur cet odieux « assassinat » si cela s’avérait vrai, serait à n’en point douter, cachée dans le cul de la chèvre. Mais tôt ou tard, telle une fumée, la vérité, si elle ne sort pas des ténèbres, jaillira plutôt de l’eau.

Même le silence assourdissant des Ong des droits de l’homme, visiblement aux ordres d’un pouvoir calciné par les évènements, ne saurait taire à jamais toute la lumière dans ce qu’il convient désormais de considérer comme le « Massi gate ».


Mercredi 27 Janvier 2010
Charly Sorohoul
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